Pute et Prolo, philosophes

https://i0.wp.com/www.lolpix.com/_pics/Funny_Pictures_273/Funny_Pictures_2739.jpgMon connaud,

Ce weekend, j’étais à Fromelles, Nord.
C’est que Prolo, le BFF de Pute, y vit.
Donc on y va souvent, ces deux-là, ils ont grand besoin de s’ébrouer au grand air en se bourrant la gueule. Le kif, c’est de traîner à Bruxelles et de rentrer complètement schlass.
Prolo et Pute, c’est un peu Laurel et Hardy en version sale.
Je dois te dire que j’adore Prolo, il est cultissime mais je peux pas le dire trop fort rapport à Pute qui croit que je veux lui voler son copain.
Entendons-nous bien, normalement, Pute devrait être jaloux et craindre que je ne veuille me taper son BFF mais non. Pute, il a juste peur que je devienne la BFF de Prolo, quand j’te dis qu’il est spécial, ce garçon…
J’adore voir Pute avec son Prolo. C’est à la vie à la mort. Ils en reviennent tellement pas de s’aimer à ce point que parfois ils en pleurent. Là, tu pictualises une armoire Normande un peu chauve et un  grand zigue chevelu de 2m02 qui tombent dans les bras l’un de l’autre. Moi, cette amitié virile m’émeut au plus haut point.
Bref, depuis qu’il va être père, Prolo se rend compte de plein de choses comme du fait qu’il va mourir un jour et ça le rend quelque peu hostile à l’égard des mères et des femmes enceintes. Ajoute à ça la franchise de ma réponse quand il m’a demandé si je considérais qu’il avait un problème l’alcool, alors même qu’il tétait une bouteille de pif avec toute la dévotion du culte,  t’auras la température de son affection pour moi ce weekend.
Hostile, je te dis. Et aviné.
Il s’est donc fait fort de traumatiser mon fils, il a le droit, il est parrain.

« Prolo: De toute façon, on est pas responsable du bonheur de sa connasse…
Pute: Certes. Si t’as envie de bouter, c’est rendre service à ta sardine que de la tromper. Parce que si t’es malheureux, c’est de sa faute. Alors moi je dis qui faut bouter tant qu’on peut et pas faire chier l’autre avec sa misère.
Prolo: Clairement. Grumeau? Viens-là, je vais t’expliquer un truc primordial.
Grumeau: Di débabebdi, ba?
Prolo: Ouais. Grumeau, t’es jeune, c’est maintenant que tu dois l’apprendre, pendant qu’il est encore temps. Les femmes, Grumeau, ne leur fait jamais confiance.
Grumeau: Pfou?
Pute: Ecoute Parrain.
Prolo: Parfaitement. Si un jour t’arrive à en bouter une, et je te le souhaite, mais fais juste en sorte que ça soit pas ma fille. Mais, bref. Admettons que t’en sers une, ne fais jamais de concession, c’est le début de la fin.
Pute: Ecoute Parrain.
Prolo: T’as compris?
Pute: Ecoute Parrain.
Vieux Félin: Vous avez conscience que ce que vous dites n’a pas de sens? Non parce que c’est bien gentil d’apprendre la vie à Grumeau mais faudrait voir à ce que ça veuille dire quelque chose.
Prolo: Ta gueule.
Pute: Ouais! Ta GEUUUUUUUULE! Femme de petite vertu.
Vieux Félin: Attention, je crois que Prolo va vomir sur Grumeau…
Pute: Mais non, t’inquiète.
Vieux Félin: Si, regarde.
Pute: Mais non, Chu. T’inquiète, il gère, tranquille.
Prolo: Parce que tu vois, Grumeau, même si j’aime profondément ma connasse. Même si Papa aime profondément Maman. Papa, il a quand même envie de baiser ailleurs. C’est philosophique.
Grumeau: Di dé déééé, babiiii zorgalié prfi!
Vieux Félin: Oui, c’est sûr c’est philosophique.
Grumeau: Pouffmina viv érette, jabdi lo.
Prolo: Si t’as le choix entre rester par obligation ou aller voir si le gazon est plus vert ailleurs, ne t’embarrasse pas de responsabilité. Fais-toi plaisir, mon coco.
Pute: Rhoooo, Prolo, t’es trop pédagogue.
Prolo: Mais qu’est-ce que tu veux, j’adore les mômes !
Pute: Ils te le rendent bien, mon ami.
Vieux Félin: Bon  maintenant vous arrêtez vos conneries, vous faites peur à Grumeau.
Grumeau: Babaaaaaaaa ! Puta babaaaaaaaa !
Prolo: Rhoooooo regarde ça Pute! Il parle arabe on dirait!
Vieux Félin: Nâ’din’bâbâke. Et ta mère? Elle parle arabe?
Grumeau: Zogu didié guje drozi? Babaaaaaaaaa!
Vieux Félin: C’est malin, vous l’avez fait chialé !!!
Pute: Oooooh Grumeau! Papa, il aime Maman!
Vieux Félin: Papa, il est à 2.8grs
Prolo: Véaif’, tu sais quoi?
Vieux Félin: Quoi?
Prolo: J’adore ton fils, j’adore ton mec, elle est au poil ta famille.
Vieux Félin: C’est ça. Vous permettez, je vais essayer de réparer vos conneries avec une séance intensive d’histoire niaises.
Pute: Mais non mais pars pas!
Prolo: Allez! Fais pas ta pute, salope!
Vieux Félin: Bourrez-vous la gueule et faites pas chier mon fils.
Prolo: Oh si on peut plus passer un moment privilégié avec son filleul.
Pute: Mais quelle connasse.
Prolo: C’est bien c’qu’on disait…
Pute: Les mères…
Prolo: C’est le mal…
Pute: Les mères…
Prolo: C’est toutes des catins. »

La technique du « On va faire comme si »

Lecteur,

Comme tu m’as souvent répété à quel point tu adorais Pute et en cette veille de weekend, n’étant moi-même qu’amour et décontraction, je m’en vais te délivrer une deuxième couche des astuces dont je te sais friand.

Pute ne paie pas de mine comme ça. A le voir, tu te dis que c’est vraiment une bonne pâte avec le cœur sur la main, un peu push over même. Ne te fie pas à cette toute frauduleuse image… Je m’y suis moi-même laissé prendre et quelle ne fut pas ma déconfiture lorsque j’ai découvert la vraie nature de ce bûcheron toxicomane et érotogène. Lire la suite

You big fat lier.

Liseur, ma cacahuète,

Je me souviens de ce que m’a dit un jour mon pote Dimitri (oui, j’ai un peu plus de trois potes, tu m’as pas crue quand même?). Je sais plus exactement ce qu’on faisait mais on devait très certainement être en train de se mettre une murge avec la volonté du culte, il m’a posé une question.
«  – A ton avis, quand les gens mentent-ils le plus? De vive voix, sur internet, au téléphone?
– Sais pas, mais je dirais que toi, tu mens beaucoup trop.
– C’est pas la question.
– Oui mais quand même.
– Bon, tu réponds oui ou merde? »
J’ai répondu très rapidement par internet.
C’est vrai, quel meilleur terrain de jeu pour se construire un bien plus acceptable soi-même que sur la toile du ouèbe 2.0? Quelle meuf ne s’est pas déjà enlevé quelques kilos ainsi qu‘un nombre significatif d‘années au compteur, quel homme ne s’est pas ajouté quelques touffes de cheveux et un compte offshore à la faveur d’un profil sur un site de rencontre? Sur le net, on ment, t’as qu’à voir les blogueurs, rien qu’une bande de bons gros menteurs, les blogueurs.
Il m’a dit « Que nenni, Sac-à-Ovaires ».
Il a dit: «  – C’est au téléphone qu’on ment le plus…
– Toi, oui, c’est sûr. »
Et puis cette théorie éthylique m’a fait réfléchir et effectivement…
Prenons une conversation téléphonique toute banale avec … au pif… ma belle-mère.
«  – Allô, Nénette?
– Bonjour.
– Tu vas bien?
– Oui.
– Je te dérange pas?
– Non.
– Tu travailles bien?
– Comme une putain de fourmi.
– Dis, je voulais savoir. Ça te plairait un wok, pour Noël?
– Mais carrément, vous lisez dans mes pensées !
– Bon bah c’est bien. J’en ai gagné un chez Carrouf, je savais pas quoi en foutre.
– Ok, c’est bien.
– En parlant de cadeaux, ça t’a plu les fringues que j’ai acheté pour Grumeau?
– Oui. Très.
– Ah parce que ça fait un mois que je t’ai filé ce survêt Puma gris et bleu et j’ai jamais vu Grumeau avec…
– Il est au sale. (Là, c’est pas vraiment un mensonge, « au sale » chez moi, ça veut dire à la déchetterie)
– Tu lui mettra pour Noël alors?
– Sans faute.
– Bon je vais te laisser, j’ai l’impression de te déranger…
– Alors là c’est juste une impression, vous savez comme votre voix sonne comme musique à mes oreilles mécréantes.
– Ah, c’est vrai. Ta juiverie, j’m’y ferais jamais.
– Je me suis bien faite à vous, rien n’est perdu.
– Bisous, Nénette.
– C’est ça, baille »

Bonaparte disait: « La mensonge n’est bon à rien, puisqu’il ne trompe qu’une fois ». Je ne suis foutrement pas d’accord. D’une part parce que c’est entièrement faux, demande à celles qui sont trop timides pour avouer à leur bon ami que leur barbe n’excite pas sexuellement leur clitoris, mais que ça râpe, ça oui. D’autre part le mensonge est bon dans le sens où il peut nous sauver la mise moult fois, quotidiennement. Je ne vais pas te faire la liste de tous les mensonges que tu débites par jour, fais toi-même ce calcul.
Même si la personne à qui l’on ment en pleine face n’est pas toujours dupe, le mensonge apaise l’âme. Le mensonge, c’est la barbe à papa des mélancolies.
Penses-tu vraiment je crois Pute quand il me dit que non, je n’ai pas grossi?
Me penses-tu suffisamment conne pour gober que je suis, pour lui, toujours aussi fraîche et ferme?
Penses-tu vraiment que je suis assez niaise pour croire que non, il n’a pas regardé de porno et que non, il n’était pas en train de penser combien il aimerait avoir lui aussi un « Entretien avec une têteuse » alors même que je le surprend le pantalon sur les chevilles et une boîte de kleenex dans la main?
Non je ne le crois pas mais ça nous évite de longues remises en question dont on est jamais sûrs de sortir indemnes, lui comme moi.

What the hell? Je serais gonflée de lui en vouloir.
Pute: – C’est qui ce connard qui te fait un clin d’œil?
Vieux Félin: – J’en sais rien je l’ai jamais vu de ma vie !
P: C’est toi qui a cassé ma manette d’XBox ???
VF: Non j’y ai pas touché !
P: Tu trouves toi, que je deviens chauve?
VF: Non, ça va…et pis t’as plein d’poils, ça compense.

Mentez, mes amis, moi c’est pas demain que je vais arrêter.

Vieux Félin? Ta gueule!

Lectorat,

En temps normal, je ne suis pas sympa. La preuve, j’ai genre trois amis. Mais peu me chaut, je sais pas si j’aimerais en avoir plus. Après, c’est des coups à recevoir des tonnes de pokes et des bennes de cadeaux kitsch et autres « tes amis t’attendent à l’apéro ! » Je bois pas, connasse.
Je sais pas si t’as vu, toi, mais Facebook, il se lance dans le sondage d’opinion et commence à te poser des questions du genre « Crois-tu que la paix dans le Monde soit envisageable dans les 50 prochaines années? ». A cette question hautement intelligente, pour ne pas dire cruciale, non mais sans déconner, tu ne peux répondre que par oui ou par non. Tu peux aussi aller te faire foutre. Con de site.
Bref, quand il arrive que des gens tombent sur mon profil et se disent « Oh mais je la connais, cette bougresse ! » et qu’ils m’envoient des invits pour redevenir mon ami/e: je me pose deux questions:
1/ Est-ce que je connais cet énergumène?  (moment de réflexion intense, imagine la tête de qui essaierait de diviser 1 585 748 par 663)
Oui parce qu’il m’est arrivé moult fois de me dire qu’avec ma cervelle trouée de boulettes, il est probable que j’oublie mais que la personne, de bonne foi, ne mérite pas de se voir envoyer bouler très loin. Alors j’accepte. Mais la plupart du temps, ce sont des gens que je ne connais pas, même s’ils jurent qu’on a bu un coup un soir dans le 20ème ou encore qu’ils étaient assis à côté de moi en maths en 1989. Alors je vire.
2/ Est-ce que j’ai envie de faire semblant de m’intéresser à ce qu’est devenu cette personne? Il en résulte donc un  non catégorique.
Pas plus tard qu’il y a un mois, j’ai reçu une invit d’une fille qu’a quand même été ma meilleure amie pendant de longues années, j’ai accepté of course. Ya une semaine, je me suis rendue compte que ni l’une ni l’autre n’avait tenté d’engager la conversation.
Tout ça pour dire, outre que ce paragraphe est un hymne à la digression absconse, que les amis, de façon générale, c’est pas pour moi.

Là où je voulais en venir, si tu t’es pas déjà endormi, c’est que si en temps normal, je ne suis pas une fille affable, imagine ce que c’est quand je suis enceinte.
Au premier trimestre, je deviens folle furieuse, écumante. Je déborde littéralement d’hormones et ça fait comme Hiroshima dans mon cerveau déjà pas très clair.
C’est au cours de ce trimestre, par exemple, qu’il peut m’arriver de dire à l’un des gamins autistes et traumatisés que garde ma belle-mère que non, il rêve, c’est pas parce qu’il m’appelle Maman que je vais l’adopter. « Ta mère est morte, petit, fais ton deuil et arrête de manger tes poignets. »
Au deuxième trimestre ça se calme un peu, je me retiens de faire des croches-pattes à la petite débile de ma belle-mère qui a l’outrecuidance d’appeler mon fils Grumeau. Je lui fais juste remarquer que si elle en veut un à elle, elle n’a qu’à arrêter la pilule et aller tripoter Jean-Jean là où c’est dur. Pour le reste, elle laisse mon marmot tranquille. Ma belle-mère, bien sûr, est en tête de liste de mes gentillesses, et je vois bien cet éclair d’appréhension traverser ses yeux quand elle me voit me dandiner dans sa direction. Peut-on gentiment me dire de fermer ma gueule, non, parce qu’en plus d’être vilaine, je suis aussi violente.
Aujourd’hui, je suis bien plantée dans mon troisième trimestre et commence sérieusement à en avoir plein le cul. Quand je pense à la façon dont je me plaignais quand je portais Grumeau, je me rends compte que c’était du pipi de chat par rapport à ce que me fait endurer ma fille non-née. Je ne peux plus me lever sans devoir être tractée, mon dos me rappelle que l’angle d’une colonne vertébrale n’est pas censé dépasser les 90°, mes doigts ne sont plus que de vilaines saucisses de Morteau, mon ventre fait plus d’un mètre de circonférence (1m05 pour être précise) et se pare de ces si jolis poils noirs qui heureusement ont la bonne idée de tomber suite au vêlage. Je me vois aussi obligée de porter des couches à nichons, même si Pute veut bien se charger de me traire, comme il me le propose régulièrement.
Frappée par la somme de toutes ces petites misères, je redouble d’ignominie.

Avec ma nourrice, Claudine le Dédale:
VF: – Dites, elle a une haleine de jockey vot’gamine !
CLD: – Je vous permets pas! Non mais ça va pas bien !
VF: – Quoi? Moi c’que je dis c’est que vous devriez la vermifuger, une haleine pareille, c’est sûr, elle a des vers. Z’avez pas intérêt à infester Grumeau ou je la tonds, vot’ môme.

Avec mon échographiste:
E: – Ce sont vos enfants?
VF: – Le blond, oui, l’aut’, grand Dieu, non, hahahahahahahaha !
E: – Sont tous les deux blonds.
VF: – Celui qu’a une lumière d’intelligence dans le regard c’est le mien, l’autre il a pas de parents, il a ma belle-mère.
E: – Ah.
VF: Vous savez, avec une conversation pareille, ce serait bath si vous ne m’adressiez pas la parole.

Avec ma boulangère:
B: – Ce sera tout?
VF: – Non, quand on est pas foutue de faire autre chose de sa vie que de vendre des baguettes, la moindre des choses c’est d’avoir une peau convenable. On dirait que vous vous être échappée d’une léproserie, là.

Avec mon agent immobilier:
VF: – C’est bon? Ils sont bien faits les travaux? Dégagez de chez moi, j’ai pas que ça à foutre.
AI: – Parlez-moi sur un aut’ton Melle Vieux Félin, sachez que je peux tout à fait réclamer le remboursement du loyer gratuit dont vous avez bénéficié.
VF: Si pour ce prix là je peux vous en mettre une, ce sera pas cher payé. Barrez-vous ou je sors la tronç’

Avec un ami qui voulait seulement savoir comment j’allais:
UA: Allô, VF? Comment tu vas, ma couille?
VF: – J’ai pas d’argent à te prêter.
UA: – Attends mais je t’ai rien demandé…
VF: – Tu me les rends quand ces bouquins que je t’ai prêté ya de ça, oh, au pif, trois ans ???
UA: – Bah quand tu veux, hein, tu veux qu’on se voie?
VF:- Bah ça dépend, t’es toujours avec la connasse de l’été dernier?
UA: – Elle s’appelle Marie et on est marié !
VF: – Mazal Tov, rappelle-moi quand elle t’aura trompé avec un pompier volontaire.
UA: – T’es vraiment qu’une salope, tu le sais, ça?
VF: – Et toi, t’es pitoyable au plumard, c’est pas pour autant que je t’insulte.

Comment te dire, Lecteur?  C’est tout bonnement un mystère, comment se fait-ce que personne n’ait eu la bonne idée de me taper?
Il me reste, au pire, 52 jours de grossesse. Passé ce délai, je veux rien entendre, je vais la chercher moi-même. Non, parce que, pas que ça soit une habitude chez moi, mais je commence à avoir des remords.

T’aurais pas des forceps sous la main?

Les astuces de Pute

Mon p’tit poulet,

Là, je m’adresse particulièrement aux lecteurs masculins et maqués et je m’en vais leur délivrer les astuces de Pute. Tiens, je vais en faire une rubrique d’ailleurs.
Mais aussi et toujours, je m’adresse aux femmes, afin qu’elles entrevoient la chance de ne pas vivre avec un Pute. Ne me remerciez pas, je fais ça parce que je vous aime beaucoup, même toi qui revient tout le temps en tapant « pipe vieux sous la douche » dans Google.

Avec Pute, on a mis au point un jeu, sans le vouloir, qui consiste à pousser l’autre à bout pour voir combien de temps il tient avant de balancer au choix: une télécommande, un verre, une chaussette sale, une télévision ou même Grumeau (aérodynamique en Diable) à la tête de l’adversaire.
Outre la fonction indéniablement ludique du processus de cassage de burnes, il est tout aussi indéniable qu’il revêt un caractère sacrément utile.

Pute ne sait que trop bien utiliser ce petit stratagème pour arriver à ses fins, quelles qu’elles soient.
Je dois dire que Pute bosse comme un âne et que le weekend venant, on lui en rajoute souvent une couche, il n’a donc, pour sa défense, que très peu de temps libre. Autant dire ce qui est, quand il a deux heures à tuer un dimanche, c’est certainement pas avec votre obligée qu’il a envie de les passer. Lire la suite

Gentil n’a qu’un oeil

Lecteur,

Les cauchemars, c’est comme l’anorexie d’avant les vacances: c’est utile mais t’as pas envie que ça s’installe toute l’année.
Tout comme la jeune nymphette qui vomit tous ses repas pendant un mois pour pouvoir se délester des kilos imaginaires qu’elle a engrangé l’hiver durant et pour balader sans rougir son bikini Miss Sixty sur les plages de Palavas-les-Flots, la personne sujette au cauchemar se réveille souvent avec quelques embryons de névrose en moins.
Et tout comme la jeune nymphette ne veut pas voir sa mini-anorexie poser ses bagages dans sa caboche et devenir par là même une putain de réalité (elle voulait seulement un régime efficace), la personne qui cauchemarde ne souhaite pas particulièrement voir ses terreurs nocturnes se réaliser.
Je suis sûre qu’au moins l’un d’entre vous rêve très souvent qu’il se retrouve nu face à une foule, moi j’appelle ça du cauchemar de pucelle, soit dit en passant. Imagine-toi te retrouver vraiment à poil face à une vraie foule. Déplaisant, isn’t it?
Fût-ce ma passion débordante pour la Petite Maison dans la Prairie, très jeune, j’ai commencé à rêver que je devenais aveugle. Et pas aveugle genre on voit tout noir, non, genre on voit tout blanc. Au fil des ans et des répétitions du-dit cauchemar, j’ai commencé à développer une bonne petite phobie des familles et laisse-moi te dire que je préfère rester bloquée dans une rame de métro bondée pendant 24 h que de revivre ce que j’ai vécu hier. Lire la suite

Epouse-moi, con de ta race.

Lecteur, mon petit comédon,

Va savoir pourquoi mais j’ai une furieuse envie de me marier.

J’ai conscience de briller par mon manque total d’originalité mais j’assume, presque.

Pour assumer entièrement cette envie toute commune et selon certains beaufisante, encore faudrait-il que je puisse comprendre pourquoi cette idée s’accroche à moi comme une bernique sur un rocher de Plougastel. Pourquoi je demande à peu près six cent fois par semaine à ma moitié: « Dis! Dis! On se marie, hein? On se marie, hein? On se marie quand, dis? ».

Je t’avoue, lecteur, que sur ce coup-là, je ne me pige absolument pas. Lire la suite

L’enfer, c’est les autres.

Lecteur,

Force est de constater (et là, je parle de ta petite vie à toi toute personnelle, même pas celle qui implique l’accession d’un petit sboub à la tête de l’Epad) que la vie de tous les jours ne ressemble pas à un épisode de Friends, ou de Off Centre, ou de Two and a Half Men, séries dans lesquelles les personnages ont tous de gentils voisins, déjantés certes, mais gentils.
Non, dans la vraie vie, tes voisins ne sont ni drôles, ni pittoresques. La plupart du temps, faut dire ce qui est: ce sont des cons.
Et là, tu peux me dire « On est tous le voisin de quelqu’un » mais je te dirais froidement que ce n’est pas le débat.
Depuis que Pute et moi avons emménagé dans notre 100 m2 en bords de Seine, on s’est pas vraiment fait des amis.
Bon déjà, quand j’ai vu la gueule de la résidence, pelouse taillée au millimètre, fleurs bien rangées dans les plates-bandes et façades blanchies de près, j’ai su deux choses. Lire la suite

Antichrist

Lecteur,
Comme tu le sais, j’habite dans une petite ville de province. Et dans cette petite ville de province, le weekend, ya pas grand-chose d’autre à faire qu’un billard au Pool ou un karaoké au Paris-Plage… De la merde, autant dire. Je te rassure, on a quand même un cinoche mais si tu veux voir des trucs autres que toutes les grosses productions hollywoodiennes, tu vas être déçu parce qu’il n’y a pas…
Ils ont joué Into the Wild, à peu près deux mois après sa sortie officielle, quand y’avait aucune comédie mièvre ou film catastrophe à passer, et en français… Moi qui voulais vraiment voir Antichrist de l‘inénarrable Lars Von Trier, je savais que je pouvais me brosser…
C’est pour ça que je ne t’en parle que maintenant, d’Antichrist, parce que je ne l’ai vu qu’hier soir, et que, peu me chaut, si tu veux de la vraie actu, t’as qu’à aller , ou , ils le font de toute façon bien mieux que moi. Bon. Je disais donc que j’avais vachement envie de voir Antichrist et j’aurais pu le voir plus tôt (grâce à un truc qui commence par down et qui fini par loads, dont je suis très très friande) mais un nouveau problème s’opposait au visionnage du-dit produit cinématographique dans des temps respectables. Lire la suite

Kippour Light

Lecteur,

Je sais pas si t’es au fait des traditions juives mais en ce moment, c’est Yom Kippour. Qu’est-ce donc que ce drôle de mot, me demanderas-tu, toi qui est resté sourd et aveugle à la Vérité si je mens, Comme t’y es belle, Rabbi Jacob et autres fleurons de l’humour juif, ahem… Yom kippour (jour de l‘expiation), ou Grand Pardon, est l’une (sinon la) plus importante des fêtes juives ou t’es censé jeûner 25h (ça ne dispense pas les femmes enceintes, hein) et où t’es censé réfléchir à qui tu as blessé, qui t’a blessé et comment refoutre un peu paix dans le dedans de ton cœur tout pétri de mécréantise. Lire la suite

Là où c’est dur de bosser à domicile

Lecteurs,

Travailler à domicile, c’est un rêve pour grand nombre d’entre vous, ne le niez pas bande de sournois, tout le monde se dit qu’on serait tous vachement plus motivés et efficaces si on bossait dans nos meubles et pas à la lumière blafarde et malsaine d’un néon faiblard comme un sombre avertissement sur nos têtes, celui qui dit que nous serons encore là bien après nos soixante étés, entourés de collègues que l’on a appris à mépriser profondément aux fils des différentes fêtes de bureaux et pots de départ en retraite. Après ya ceux qui ne jurent que par le travail en extérieur, comme ma moitié bucheronne, qui hurle tout nu dans la forêt de Bizy « I’m free like a river » pour peu que tu l’aies laissé cinq minutes de trop en intérieur… Mais, là encore, c’est pas l’sujet. Lire la suite

Le ciel peut attendre.

Lecteur,

A force de me gaver de sushis, faut pas s’étonner si je dors mal et si je fais des rêves bizarres qui me tourneboulent les méninges.
Laisse-moi te prendre par la main pour un petit voyage dans le futur.

Nous sommes en 2026, j’ai… ahem… 44 ans et Boy en a 47. Nous sommes toujours ensemble et nous nous aimons plus que jamais. Tout va bien, la vaisselle vole toujours à travers les pièces lorsqu’il s’agit de choisir qui de nous deux aura droit de vie ou de mort sur la télécommande. Nous avons même eu un troisième enfant malheureusement hermaphrodite que nous avons prénommé Bethsabée.

Je plaisante.

En 2026, je suis morte d’une bête rupture d’anévrisme, l’ironie de l’histoire tenant au fait que ça n’est pas mon bon vieux cancer du poumon qui a eu raison de moi.
J’ai été incinérée au crématorium du Père Lachaise et ma famille se bat à présent pour décider d’où vider le cendrier. Lire la suite

Dan Fante rencontre April March et on dit merci

Hier soir, il m’est arrivé un truc incroyable. Le genre de truc que tu ne ressens que rarement, qui touche au divin, qui tient du miracle même.

J’aime pas faire les courses, surtout quand j’essaie pathétiquement de retenir par la main mon grumeau hyperactif avant qu’il n’aille semer la terreur au beau milieu du rayon accessoires Wii. C’est qu’on cherchait un cadeau pour remercier un pote de mon boy pour nous avoir aidé avec l’appart. Le genre de pote qu’est tellement ton pote, qu’il dégage les angles avec toi jusqu’à trois heures du mat’. Je sais pas vous, mais des amis comme ça, moi, j’en ai pas. Lire la suite

Annulation, chantage et ma main sur ta gueule.

Lecteur,

Pourquoi donc, les gens, ils annulent leur commande?
Je t’essplique.
Nous, aux Libellules Bleues, on est hyper sérieux, on est pas du genre à te demander ton numéro de carte pour payer des trucs, nan. Chez nous, si tu passes commande, tu règles genre 1 mois et demi après. Ça te permet de pas te faire entroufigner, de voir les produits avant de les régler toussa toussa. C’est-à-dire que quand je fais une vente, une semaine après ya une personne qui rappelle le monsieur/la madame pour lui demander « vous êtes bien sûr, vous achetez ça, ça et ça? » C’est là que moi, je me fais entuber (par les clients, hein, pas par ma boîte). Parce qu’on m’a dit que mon taux d’annulation (qu’est pas censé dépasser 10% de mon chiffre) bah il est plutôt élevé, genre à dépasser les 3000€. Après m’être étouffée sur mes crok’sels, j’ai dit à la dame qui vérifie mes commandes: Lire la suite

Fume toujours.

Bon j’avais annoncé toute pétrie de fierté que j’allais arrêter de fumer, oui bon, je vais arrêter.

J’ai même essayé, j’le jure mais j’ai beaucoup de mal à tenir. La semaine dernière donc je disais que c’était pour dimanche, que n’ai-je tourné sept fois ma langue dans ma bouche avant de l’ouvrir… Samedi dernier, forte de mon insolence à toute épreuve, je traîne ma ptite pute chez le jap’ pour une orgie de maki et vas-y que je me la pète « Oui euh moi je vais y arriver, les doigts dans le nez, jte dis, rira bien qui rira vers la fin ». Ma ptite pute se marrait sous cape et affectait de me croire sur paroles tout en sachant que je serais la première à vendre mon corps pour la latte du cowboy. Après nous être fait éclater la panse, après avoir répondu « On adresse pas la parole aux gens bourrés » au couple d’à côté qui nous demandait si le maire de Gisors était socialiste ou communiste (franchement j’ai une gueule à habiter Gisors, pute de toi?) après avoir peloté les fesses du serveur, nous sommes partis vers de nouvelles aventures à savoir la foire à Neu-Neu de Tourny (Tourny, c’est pire que l’Oise, c’est carrément l’Eure). Lire la suite

Bye bye, Philip. Adieu Morris…

Le pire c’est que ça n’était pas des paroles en l’air quand je vous disais qu’il fallait que j’arrête de fumer. Nan, je vais le faire. Je vais le faire. Non? Si, bordel, je vais le faire. Quand j’y pense, j’ai un peu la gerbe, un peu la trouille et pas du tout envie de me lancer là-dedans.
Quand je calcule, je me rends compte que j’ai passé la moitié de ma vie à fumer. Toujours dans l’optique de me faire mal, j’essaie de calculer combien d’argent j’ai dépensé ses treize dernières années et puis j’arrête parce que ça me fait l’effet d’un gouffre.

Je crois que la première cigarette que j’ai fumé, c’était avec mon voisin Pierre B. On partageait un mur et je me souviens avec un sourire accroché à la face de la façon dont nous grimpions sur les poiriers de ma mère (que nous défoncions au passage) pour atteindre le mur, le parcourir comme des gymnastes en mal d’aventure, pour finalement sauter dans le jardin de l’autre. Le genre de trucs que j’aurais vachement peur de faire maintenant. Je ne sais plus lequel de Pierre ou de moi avait dégotté la clope en question, j’avais sept ans, peut-être huit et ma soeur disait que « c’était pas bien ». Nous étions caché derrière un arbre dans un coin du jardin, j’avais passé la cigarette sous mon nez pour la sentir avant de l’allumer et ça m’avait fait un truc bizarre dans l’estomac. Comme quand tu tombes amoureux, j’veux dire, vraiment pareil. Et puis on l’a allumé, on a pas mal toussé et on s’est pissé dessus de rire. On était bien cons. On a recommencé plusieurs fois, je piquais les Rothmann internationale de mon père et on se donnait rendez-vous derrière l’arbre. A la fin, mon père a découvert nos activités fumatoires et s’est empressé d’aller terroriser Pierre B. ainsi ses parents. Faut dire aussi qu’on laissait les mégots là, dans la terre, fallait pas s’étonner de se faire choper. Je continuais de sentir les cigarettes pour que ça me fasse des trucs dans l’estomac mais j’ai arrêté un p’tit moment de les allumer.

Trois ans plus tard, c’était notre nourrice/femme de ménage qui m’a engrainé avec ses Royale menthol. Cette espèce de truie, Marceline F. de son ptit nom (sans déconner), me faisait allumer ses clopes quand elle avait les mains mouillées. Chose que je faisais bien volontier même si déjà à l’époque je trouvais ça dégueulasse, les menthols pas son attitude, j’avais pas assez de recul pour me rendre compte qu’elle faisait des trucs bizarres voire complètement irresponsables. Ma mère ne savait rien de tout ça, on la couvrait. Donc Marceline F. me crie depuis la cuisine de lui en allumer une. Quelques minutes plus tard, ne me voyant pas arriver, elle déboule dans le salon pour me trouver en train de vomir tout ce que je savais. Elle s’est foutue de ma gueule, m’a engueulée pour la forme, a nettoyé ma gerbe et a décrété que je devrais attendre mes quatorze ans pour fumer. Maintenant, j’me dis que j’aurais du carrément lui vomir dessus. Mais à l’époque j’étais hyper honteuse, parce que j’adorais Marceline F, c’était notre mère de jour avec laquelle nous faisions ma soeur et moi des régimes abracadabrantesques. Et je l’ai adoré longtemps, jusqu’à mes dix-huit ans, le soir où elle a essayé de me sauter. Lire la suite

Psy chose

Lecteur,
Je pars du principe que tu n’es toujours pas légion.
Lecteur,
Par où recommencer?
J’t’ai dit que je faisais une thérapie? Non? Bah voilà c’est fait. J’ai pas toujours été très chaude pour ce genre de trip, rapport au fait que j’avais déjà eu quelques déceptions.
Du genre la psy qui est super efficace (je la voyais pour mes phobies, ça allait du métro aux frelons en passant par les files aux caisses dans les supermarchés, ahem…) et qui fait qu’en trois séances tu te sens déjà vachement mieux. Tu te risques même à prendre le métro sans que le frelon bloqué dans la rame ne te fasse ne serait-ce que sursauter, avant d’aller faire tes courses chez Auchan, Porte de Bagnolet, un samedi à 14h. Donc on dit que t’es mieux en diable, que tu pètes la forme et tu te dis que finalement, t’as absolument pas besoin d’une thérapie.
Bon.
Quand enfin tu reviens à la raison, après t’être évanouie au beau milieu de Leader Price ou être passée pour une sombre foldingue qui clame à qui veut l’entendre qu’elle sent son cerveau fondre auprès des habitués de la ligne 2, tu retournes ventre à terre chez ta psy.
Le problème c’est qu’entre-temps, ta psy n’a plus vraiment de place pour te prendre. Et c’est la bouche en cœur qu’elle t’annonce qu’elle peut te prendre une fois par mois. Le second problème étant qu’elle part en vacances un mois sur deux pour la simple et bonne raison que les cinglés dans ton genre, ça la fatigue beaucoup…
Tu te dis que ça vaut vraiment la peine et tu regrettes qu’aux premiers progrès tu aies abandonné comme la sombre merde que tu es. Plusieurs mois passent et les améliorations se font tout de suite moins sentir attendu qu’avant tu la voyais toute les semaines, l’attente te semble bien longue.
Tu fais bientôt la grave erreur de croire avoir plus intéressant à faire (tu te demandes par exemple si ton/ta voisin/e de pallier est ou non un bon coup, faut absolument que tu vérifies) et tu loupes l’un de tes rendez-vous mensuels. Grave erreur dans le sens où lorsque tu te radines le mois suivant , ta psy t’envoie chier sévère: « Melle Vieux Félin, vous n’aviez qu’à venir la dernière fois, maintenant c’est trop tard. Allez-vous en, je vous prie ». Bref, elle te vire sans autre forme de procès.

Autre genre de thérapeute: la psy beaucoup, beaucoup trop disponible… A éviter, crois-moi. C’est celle qui peut aussi bien te recevoir le matin à 7h00 que le soir après 22h00. Tu te demandes quand elle dort, t’as raison de te poser la question… Quel genre de thérapeute travaille de 7h00 à 22h00? Pas un bon, tu t’en doutes.
C’est le genre de psy avec laquelle tu n’as jamais été foutue de te sentir à l’aise. Quelque chose chez elle te gêne profondément, peut-être sa non-coupe de cheveux, même que t’as l’impression qu’elle cache sa calvitie en mettant tous les matins la tête dans une machine à barbe à papa. Peut-être le fait qu’elle te regarde intensément ou encore peut-être, le fait qu’elle te dit beaucoup trop souvent à quel point elle te trouve sexuelle.
Quand tu lui parles de tes soucis avec ta consommation d’alcool et qu’elle te sort que le problème ne vient pas de l’alcool, que l’alcool en lui-même est inoffensif et que le meilleur moyen de ne pas être dépendant est de simplement rejeter l’idée en bloc… tu fuis, chérie.

Vient ensuite celle que tu ne peux pas t’empêcher de comparer à un môme de cinq-six ans. Déjà elle en a la touche: regard perpétuellement étonné (un peu comme si tu lui avais rasé les sourcils pour les lui recoller au beau milieu du front), palmier au sommet du crâne et tâches de rousseur. Celle-ci non plus n’est pas à proprement parler crédible, comme la précédente, elle est même un brin louche.
C’est la questionneuse (d’où mon truc avec le môme de cinq-six ans), dès que tu as le malheur de prononcer un genre de phrase, elle embraye: « Pourquoi? ». Au fil des questions, les pourquoi perdent rapidement de sens.
Je vais vous laisser comparer par vous-même deux conversations, l’une avec le fils aîné d’un couple de potes, l’autre avec la questionneuse.
«  – T’as vu ces lumières, Pierre?
– Pourquoi ya des lumières sur la collégiale?
– Parce que c’est une fête des lumières.
– Pourquoi ya du rouge?
– Parce que ça symbolise l’oriflamme de Clovis.
– Pourquoi Clovis?
– Pourquoi pas?
– Pourquoi pourquoi? »
Et…
« – Pourquoi venez-vous me voir, Vieux Félin?
– Parce que je sais pas ce qui est le mieux: mettre ma tête dans le four ou sauter du balcon en espérant tomber sur la tête…
– Pourquoi pensez-vous à la mort?
– La question la plus juste serait plutôt: qui n’y pense pas?
– Pourquoi les autres?
– Pourquoi une île?
– C’est juste, Vieux Félin, pourquoi une île? »
Là aussi on fuit rapidement…
Et puis finalement, avec de la chance et de la bonne volonté (bah ouais, on retente le coup quand même, respect) on tombe sur la bonne: Elle n’est ni suspecte, ni dragueuse, ni cinglée. Et elle ne pose pas sans arrêt des questions à la con.
L‘entrée en matière commence un peu comme ça:
«  Vous avez une mine AFFREUSE… Je peux vous dire qu‘on a du pain sur la planche …»

Tout ça pour te dire, lecteur, que la course au bon thérapeute est un chemin semé d’embûches mais que ça en vaut la peine. Je ne sens plus mon cerveau fondre dès lors qu’il y a trois pelés devant moi à une caisse. Je ne pète plus les fenêtres quand un frelon vient se paumer chez moi. Je m’aime même un peu plus. Que demande le peuple?

Vieux Félin revient, peut-être.

Je viens de jeter un coup d’œil à mon blog, comme ça, en passant. Et vous savez quoi, chers lecteurs? Pardon, je rectifie. Tu sais quoi cher lecteur? Toi qu’est le dernier à traîner tes guêtres ici tellement ça fait putain de temps que j’ai rien posté? Sais-tu, toi qui contre vents et marées vient chaque jour dans le secret espoir que ma constipation digitale ait miraculeusement pris fin on ne sait comment, sais-tu ce que je me suis dit dans ma caboche mal foutue?
Je me suis dit: « Putain, ça fait mal de voir les ruines de mon ancienne vie de bloggeuse, regardez-moi le bordel que c’est ici !!! » Et puis cette réflexion a doucement fait son chemin dans mon esprit et cette réflexion a mué et s’est changée en: « Tiens tiens, je reprendrais bien mon blog en main… histoire de me dégourdir les phalanges et de me dégrossir l’oignon »  Me voici donc, armée d’un tout nouveau pack premium, un peu désorientée par le bordel de mon visuel et sans l’ombre d’une idée de comment refoutre un peu d’ordre dans tout ça. Tu remarqueras cher lecteur que ma syntaxe toute particulière n’a point changé, je sais que tu aimes mes phrases.
Parce que c’est te dire que ça fait des mois que je n’ai pas touché à mon admin’, donc je ne sais plus, vois-tu, comment on fait pour prendre ses doigts et ranger tout ça. Que les Dieux de l’ère Internet me viennent en aide…
Laisse-moi quand même te raconter ce qu’il s’est passé dans ma vie pendant tout ce temps, avant que tu ne te barres dégoûté en te disant que « Non, finalement, elle est nulle cette meuf » voire pire.
Il s’est passé que j’ai eu comme qui dirait des soucis d’ordre affectifs et émotionnels. Je vais pas rentrer dans les détails scabreux même si je sais que tu n’attends que ça, je vais juste te dire après être passée par la case « hospitalisation« , la case « almost dead » et finalement la case « pas morte mais un peu quand même au fond de son coeur »  bah j’ai eu besoin de ranger un peu tout le bordel à l’intérieur de moi, de me refaire une santé, un peu comme mon blog d’ailleurs… sous peu.
Rassure-toi maintenant je pète la forme: j’ai vidé les bouteilles, jeté les mouchoirs et c’est reparti à la va comme j’te pousse. Tu te doutes donc qu’il y a eu moult de ces heures sombres où l’alcool aidant, j’ai fait des trucs dont je suis mortifiée aujourd’hui et j’en suis arrivée à la conclusion que: Non, pas d’alcool pour moi, pétasse que je suis…
De toutes façons le fait est que je ne peux physiquement plus en consommer sans mettre en danger quelqu’un d’autre… Ma Fille, en l’occurrence.
Tu te marres sous cape, oui, je suis encore en cloque et non, ça n’est pas mon fond de commerce. Le fait est qu’avec la moitié seulement de mon service-moutard et un tétard égaré de l’Armoire Normande (elle va bien, merci), on a quand même réussi, sans le vouloir à faire un deuxième nous. J’insisterai jamais trop sur la dimension involontaire de l’histoire. Voilà, je suis donc enceinte de maintenant 4 mois, ma fille (je t’expliquerai plus tard comment je sais que c’est une fille, vais pas griller toutes mes cartouches aujourd’hui) est attendue pour le 1er janvier 2010.
Ya autre chose, je … attention, tiens-toi bien… travaille. Ouais, sans déconner. Ça faisait juste 20 mois que c’était pas arrivé et comment te dire… C’est formidable.
Tu veux savoir ce que je fais dans la vie maintenant? Je vais te le dire: je ne suis pas caissière, ni serveuse, je ne suis pas fonctionnaire, ni garde d’enfants (grand Dieu, non). Lire la suite

Putes de luxe

C’est dans l’air du temps de cette putain de rentrée, on veut tous un peu changer de cap.

A qui de se marier, à qui de se suicider à grands coups de morphine, à qui de chercher un boulot qui donnera enfin un sens à une pauvre vie faite de tâtonnements aussi malheureux que variés, à qui de tout jouer à l’Euromillion et de tout perdre. J’ai conscience d’être votre petit rayon de soleil, de rien, c’est plaisir.

Force est de constater que Les Jours de Nos Vies (j’essaie d’attirer un public plus large sur mon blog, marrez-vous mais j’en ai ma claque des « elles bèse son père » et autres « blog fille enceinte baise des animals) nous laissent souvent un goût amer dans la bouche. Je suis sûre que vous, qui lisez ceci à l’abri de vot’bureau, recelez nombre d’inavouables misères. Vous passez vos soirées seuls à mater de vieilles redif’ d’Olive et Tom en vous goinfrant de céréales pendant que votre chat pisse sur le sol de votre salle de bain, précisément là où se trouve votre tee-shirt sale, vous regardez votre moitié jouer à faire parler sa bite et par la même occasion péter comme un vieux chien, ou bien vous errez de zinc en zinc à la recherche d’une âme bonne et simple. N’importe qui vous dirait que vous craignez un max, moi la première. Mais charité bien ordonnée commence par soi-même: moi aussi, je crains, dans mon genre.

Alors on rivalise à coup de bilan de compétence, formation professionnelle et autres léchages de croupion, tout ça pour se sentir un peu moins naze et un peu plus près de ce que notre égo surdimensionné nous pousse à être: beaux, jeunes et entreprenants et successfull.

Que n’ai-je écouté cette petite voix dans ma tête le jour de l’éclipse 1999, cette fois où j’étais sous ecsta sans le savoir, cette petite voix qui me jurait que mon destin était de ceux qui se paient cash et qui m’enjoignait à rejoindre le front des putes de luxe? Ce à quoi, du fond du fossé dans lequel je me trouvais, j’avais répondu « tu te touches, moi je serai écrivain » Voilà comment, bêtement, on passe à côté de son destin.

Donc en ce moment, comme vous mes agneaux, je cherche, je cherche, ce que je pourrais foutre de ma pauvre vie. Soyons honnête, c’est pas maintenant que je vais devenir pute de luxe. Et j’ai comme dans l’idée que le monde du livre se passe très très bien d’une autre tarée hystérique. J’ai plus trop envie de passer mes journées à servir des suggestions du moment, suggestion qui sont d’ailleurs passées par la case sol-crade avant de passer dans la case assiette-propre.

J’ai pas envie de répondre au téléphone. J’ai pas envie de faire des comptes. J’ai pas envie de faire du sport. J’ai pas envie de magasiner. J’veux pas faire des inventaires. J’veux pas serrer des mains. J’veux pas enseigner. J’veux pas faire le ménage chez les autres. J’veux pas écouter des connards déblatérer sur mon sofa. Je ne serai jamais G.O. Je ne serai jamais caissière. Je ne serai jamais ministre. Je ne serai jamais conseillère d’éducation.

J’ai conscience de me fermer pas mal de portes.

Dans l’idéal, j’aurais aimé être critique gastronomique. Ou vedette (si, c’est un job). Ou animatrice radio. J’aurais aimé ouvrir un bar-librairie. Bref, absolument rien de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent comme boulot.

Je sais que c’est pareil pour vous et dans un sens ça me rassure de ne pas être la seule à  avoir raté le coche. Comme j’aimerai pouvoir compter toutes ses carrières étouffées dans l’oeuf, tous ceux qui sans le savoir, auraient fait de formidables putes de luxes

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